1. Recherche en organisation des services de santé
Ce secteur étudie le fonctionnement de la médecine de famille et des soins de première ligne, développe des outils de mesure (qualité, accessibilité, coordination) et conçoit de nouveaux modèles organisationnels.
En 2025, les travaux se sont notamment concentrés sur l’évolution des cabinets médicaux vers des structures pluriprofessionnelles. Le projet MOCCA (voir les numéros 65 à 68 de la collection « Raisons de santé - Les essentiels ») vise notamment à faire évoluer les cabinets traditionnels vers des maisons de santé intégrant médecins, infirmières et infirmiers, physiothérapeutes, psychologues et travailleuses et travailleurs sociaux, avec des publications et des outils destinés aux décideuses et décideurs et aux actrices et acteurs de terrain.
Dans cette dynamique, le DMF a également organisé en novembre 2025 le Forum des Maisons de santé, qui a permis de réunir professionnelles, professionnels, et décideuses et décideurs autour des enjeux, des expériences de terrain et des leviers de développement de ces structures. Par ailleurs, l’ouvrage Imaginer les soins primaires de demain explore les défis actuels et les perspectives d’évolution de ces derniers, en s’appuyant sur des données scientifiques et sur l’expérience de professionnelles et professionnels de santé francophones, contribuant ainsi à nourrir la réflexion stratégique et opérationnelle du domaine.
Ces travaux contribuent directement à la réflexion cantonale et nationale sur l’organisation des soins ambulatoires.
2. Recherche clinique en médecine de famille
La recherche clinique du DMF se développe à partir de problématiques rencontrées en consultation de médecine de famille, avec une forte articulation entre recherche, pratique et santé publique.
En 2025, le groupe de recherche «Bon usage des antibiotiques» a poursuivi plusieurs projets visant à améliorer la qualité des prescriptions en ambulatoire, secteur où se concentrent la majorité des prescriptions en Suisse (voir le projet sur l’implémentation des recommandations nationales). Les activités ont inclus des mandats de santé publique, l’évaluation d’interventions d’implémentation et la participation à des recommandations nationales. Ces travaux ont donné lieu à des publications scientifiques et à des collaborations renforcées avec les autorités sanitaires.
3. Enseignement prégradué
Les membres du DMF participent activement à la formation médicale prégraduée à l’Université de Lausanne, contribuant à intégrer la médecine de famille, les soins de première ligne, la durabilité et l’approche globale de la patientèle au cœur du cursus.
Ces enseignements reposent sur un large réseau de médecins généralistes et pédiatres formateurs, accompagnés par le DMF, garantissant la qualité pédagogique, l’ancrage clinique et le développement des compétences interprofessionnelles.
Le DMF assure l’enseignement prégradué en médecine de famille à l’Université de Lausanne (UNIL), en privilégiant une approche cohérente, intégrée et interprofessionnelle. Il propose un enseignement continu et structuré, avec un ancrage académique de la médecine de famille au sein de la Faculté de biologie et de médecine (FBM) de l’UNIL.
Ces enseignements reposent sur un large réseau de médecins généralistes et pédiatres accrédité·es, formé·es et accompagné·es par le DMF, qui garantit la qualité pédagogique et l’ancrage clinique. Le DMF contribue également au développement de compétences interprofessionnelles et à la formation pédagogique continue des médecins formatrices et formateurs.
En chiffres
En 2025, près de 1200 étudiantes et étudiants en médecine, de la 2e à la 6e année, ont été accueillis dans le cadre de formations pratiques en médecine de famille et en pédiatrie.
Ces activités comprennent des immersions en cabinet médical pour les étudiantes et étudiants des premières années, des ateliers collaboratifs autour de situations cliniques complexes, ainsi que des séances pratiques d’anamnèse et de communication en petits groupes.
D’autre part, 261 étudiantes et étudiants de 6e année ont effectué un mois de stage obligatoire en cabinet de médecine générale ou de pédiatrie.
4. Formation postgraduée et activités cliniques
Dans un contexte de pénurie de médecins de famille, le DMF joue un rôle important dans la formation postgraduée des médecins visant le titre de spécialiste en médecine interne générale. Le DMF coordonne ainsi 2 programmes :
- l’assistanat au cabinet de médecine de famille et de l’enfance : 25 médecins assistantes et assistants ont bénéficié de subventions de l’Etat de Vaud pour effectuer un assistanat en cabinet en 2025. Le DMF assure la coordination, l’encadrement pédagogique et la qualité de ces formations, en lien étroit avec les cabinets formateurs.
- le Cursus Romand de Médecine de Famille assure le lien entre les médecins de famille, leurs associations et les médecins en formation. Il accompagne les étudiantes, étudiants et médecins assistantes et assistants intéressés par la médecine de famille grâce à des conseils individualisés, afin de les aider à construire un parcours de formation cohérent avec les exigences, leurs objectifs professionnels et leur réalité personnelle.
En 2025, la Permanence du Flon d’Unisanté a accueilli plus de 15’000 patientes et patients et a ainsi contribué à former 56 médecins assistantes et assistants. En effet, la Permanence, ouverte 7j/7, constitue à la fois une porte d’entrée essentielle du système de santé ambulatoire et un lieu de formation clinique. Les médecins assistantes et assistants y exercent sous supervision, développant des compétences en prise en charge aiguë, en continuité des soins et en collaboration interprofessionnelle.
5. Recherche en durabilité en médecine de famille
Le secteur de recherche en durabilité explore les liens entre santé humaine, environnement, changement climatique et biodiversité, dans une perspective de Planetary Health.
En 2025, les travaux ont porté sur l’intégration concrète de ces enjeux dans la pratique de médecine de famille, notamment à travers l’approche des cobénéfices: interventions favorables à la santé de la patientèle tout en ayant un impact environnemental positif. Ce domaine émergent s’appuie sur des collaborations interdisciplinaires avec les sciences humaines, sociales et environnementales.
Dans ce cadre, un projet de recherche s’intéresse plus spécifiquement aux liens entre biodiversité et santé en pratique clinique, en explorant la manière dont ces interactions peuvent être prises en compte dans les soins de première ligne. Ce volet s’inscrit notamment dans une collaboration avec Sciences Po Paris.
Enfin, ces thématiques de durabilité et de santé environnementale sont également intégrées dans les enseignements dispensés aux étudiantes et étudiants en médecine de l’Unil, contribuant à sensibiliser les futures professionnelles et futurs professionnels aux enjeux contemporains des soins de première ligne et à promouvoir une approche globale, responsable et fondée sur les données probantes.